Depuis 2013, un partenariat unique rapproche deux univers a priori éloignés : la santé et la culture. L’APHP et le musée du Louvre ont uni leurs forces pour rendre l’art accessible à ceux qui ne peuvent s’y déplacer.
Rencontre avec Mme Juliette Carvunis et le Dr François Nataf, respectivement Cheffe du service culture et mieux-être à l’APHP et responsable du service neurochirurgie à l’APHP Lariboisière.
Pouvez-vous nous expliquer la genèse de ce partenariat inédit entre l’AP-HP et le musée du Louvre ?
Juliette Carvunis - Le projet “Louvre à l’hôpital” est né d’une volonté partagée entre l’APHP et le musée du Louvre d’offrir, à ceux qui en sont empêchés, le plaisir de contempler des œuvres du Louvre.
Lancé en 2013, ce partenariat crée un lien vivant entre culture et santé en offrant aux patients, à leurs proches et aux soignants un accès privilégié à la richesse artistique, historique et patrimoniale du Louvre.
Le partenariat se décline aujourd’hui en cinq volets :
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- L’art en partage – Dialoguer sur les collections du musée : des rencontres et échanges à l’hôpital animés par des médiateurs du Louvre autour des œuvres.
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- Face aux œuvres – Visiter le Louvre : des visites guidées et ateliers organisés au musée pour les patients, leurs proches et les soignants.
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- L’art au quotidien – La force des images à l’hôpital : deux expositions itinérantes, “La Couleur Bleue” et “Chefs-d’œuvre du Louvre”, circulent actuellement dans les 38 hôpitaux de l’APHP.
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- Le musée comme partenaire – Former les professionnels : des formations croisées sont proposées aux équipes hospitalières pour s’approprier les contenus culturels, et aux agents du Louvre pour les sensibiliser aux interventions en milieu hospitalier.
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- Le Louvre à l’écran : le musée met gracieusement à disposition de nombreux contenus numériques (films, documentaires, podcasts, séries…) pour les patients hospitalisés.
Quelles étaient vos motivations et vos objectifs pour imaginer une telle collaboration entre une institution hospitalière et un musée ?
J.C - Le partenariat entre l’AP-HP et le musée du Louvre a pour ambition de proposer aux patients, à leurs proches et aux professionnels des activités culturelles et artistiques enrichissantes.
L’objectif est d’améliorer l’accueil et l’environnement de tous les usagers en introduisant des notions de bien-être, de confort et de plaisir dans le quotidien hospitalier.
Ce projet cherche également à atténuer les ruptures provoquées par la maladie et l’hospitalisation et à favoriser les échanges entre soignants et patients grâce à la culture.
Du côté du Louvre, l’enjeu est de faire découvrir aux publics hospitaliers les œuvres et les artistes, en faisant du musée un lieu d’expression, de création et de partage.
L’objectif est d’éveiller la curiosité et de nourrir le lien avec la culture, même en dehors des murs du musée, en facilitant une pratique culturelle durable au-delà du temps de l’hospitalisation.
Du côté de l’APHP, ce partenariat s’inscrit dans une volonté forte : intégrer pleinement la culture au sein des établissements de santé, ouvrir l’hôpital sur la cité et promouvoir une approche du soin qui considère la personne dans toutes ses dimensions : physique, psychique, sociale et culturelle.
Il contribue ainsi à améliorer la qualité de la prise en charge, à accompagner les parcours de soins et à offrir un environnement de travail plus stimulant et valorisant pour les équipes hospitalières.
Pourquoi avoir choisi La Dentellière de Vermeer comme symbole du projet ZAP-X ?

Dr François Nataf - Vermeer aurait été fasciné par les avancées techniques du XXIe siècle tant ce tableau est reconnu pour sa finesse technique qui lui permet d’être associé au Zap-X, c’était donc une évidence.
La mise en œuvre du ZAP-X a nécessité une coordination inédite entre des mondes très différents. Comment avez-vous géré les logiques hospitalières, culturelles, patrimoniales et industrielles dans un même projet ?
F.N - La réussite de la mise en œuvre du ZAP-X repose avant tout sur la force d’une équipe pluridisciplinaire soudée, capable de faire dialoguer des univers aux logiques parfois très éloignées.
Ce projet a pu voir le jour grâce à la complémentarité entre les atouts du secteur public, notamment hospitalier et patrimonial et ceux du secteur privé. Chacun a apporté son expertise, son langage, ses contraintes, mais aussi sa capacité d’innovation.
C’est cette diversité, réunie autour d’un objectif commun, qui a permis de transformer ce défi complexe en une aventure collective réussie.
Le choix de collaborer avec une institution culturelle aussi prestigieuse est fort. Est-ce une volonté de repositionner l’hôpital comme un acteur culturel et sociétal à part entière ?
J.C - Oui tout à fait. L’hôpital est un lieu de soin, mais aussi un espace social qui doit s’inscrire pleinement dans la vie de la cité. Ce partenariat avec le musée du Louvre favorise l’accès à la culture au cœur de l’hôpital et dans le quotidien hospitalier.
Cette collaboration apporte une lecture artistique à un sujet médical. Comment cela influence-t-il, selon vous, la perception du public sur la médecine de pointe ?
J.C - La Dentellière apporte une dimension sensible et émotionnelle au sein des espaces d’attente et de soin. En éveillant l’émerveillement et la curiosité, elle devient un véritable support de dialogue et renforce les liens entre patients et soignants.
Présente aux côtés d’une technologie de pointe parfois perçue comme froide ou intimidante, cette œuvre iconique humanise l’environnement médical et lui apporte chaleur et réconfort.
Cette belle initiative du Dr. Nataf témoigne de son souhait profond d’offrir à ses patients une vision à la fois sensible et accessible tout en donnant à accès à une véritable œuvre d’art.
Peut-on imaginer que cette alliance entre art et médecine devienne un outil de communication plus large sur les enjeux de santé publique ?
J.C - L’art est un puissant levier de communication, capable de sensibiliser largement aux enjeux de santé en rendant les messages plus abordables, vivants et émotionnellement engageants.
Des initiatives comme l’Académie Culture-Santé, portée par le Théâtre de la Ville, illustrent bien cette dynamique : elles créent un dialogue croisé entre étudiants en médecine, soignants, chercheurs et artistes.
De même, des événements comme le festival Pop & Psy démontrent combien la culture peut accompagner la prévention, l’éducation à la santé et la diffusion d’informations auprès du grand public.
Cette collaboration entre l’APHP et le musée du Louvre va-t-elle s’inscrire dans la durée ? Y a-t-il déjà d’autres projets communs prévus ?
J.C - Notre collaboration, qui a célébré ses 10 ans en 2023 s’inscrit aujourd’hui dans le cadre de notre 4ᵉ convention de partenariat renouvelée.
Forte de ce bilan riche et dynamique (Plus de 1 100 actions réalisées, 20 000 patients, 4 000 professionnels touchés, 57 formations réalisées), elle continue à se projeter vers l’avenir avec de nouveaux projets en préparation.
Depuis le début du partenariat, nous avons su maintenir une programmation à la fois riche et qualitative tout en développant des initiatives originales : livrets-jeux, artothèque, ateliers « Prenez la Parole au Louvre », réalité virtuelle ont ainsi jalonné notre partenariat.
> En savoir plus sur la collaboration
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