C’est la première fois en France qu’un hôpital public accueille le Zap-X®, équipement de radiochirurgie innovante, hors normes. Pour l’installer, il a fallu déconstruire une façade du 19e siècle de l’hôpital Lariboisière… Retour sur ce fabuleux chantier mené par Vignesh SOMAYA, chef de projet bâtiment, et Régis Denne, conducteur de travaux.
Installation de l’équipement de radiochirurgie Zap-X® à l’hôpital Lariboisière.
En quoi le chantier pour installer le Zap-X® à Lariboisière est-il inédit ?
Vignesh SOMAYA- Nous avons dû déconstruire partiellement un bâtiment vieux de 175 ans pour installer cet équipement de dernière génération ! Les enjeux de ce chantier ont été nombreux : maintenir la stabilité du bâtiment, adapter les installations existantes, garantir la sécurité des personnes et des patients pendant les travaux ou encore restituer le caractère historique des façades.
Pour installer le Zap-X ® vous avez dû déconstruire minutieusement l’une des façades de l’hôpital. Comment s’est déroulée cette étape ?
V.S.-. Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que ce bâtiment est classé aux monuments historiques ! C’est pourquoi les travaux se sont déroulés avec l’aval du Conservateur des Monuments Historiques et de l’Architecte des Bâtiments. Pour déconstruire la façade, nous avons réalisé un plan de calepinage des pierres. Cela a permis de distinguer les pierres à déposer, celles à “réparer” et celles qui devaient être remplacées. Les pierres trop endommagées ont été remplacées par de la pierre à l’identique, provenant de carrières de calcaire françaises.
Découpe minutieuse des pierres historiques de la façade de Lariboisière.
Le Zap-X ® est un appareil hors normes de par ses caractéristiques techniques mais aussi par son poids de 27 tonnes. Ce poids est un peu abstrait : avez-vous des repères de comparaison ?
V.S. Vingt-sept tonnes, c’est l’équivalent de 4 éléphants de 7 tonnes chacun, de 6 IRM de 4,5 tonnes, de 20 voitures d’1,3 tonnes chacune ! Je tiens à préciser que les 27 tonnes de la machine sont concentrées sur une surface de 4m² soit, environ la surface d’une place de parking.
Vous avez construit de nouvelles fondations spécifiques pour supporter durablement l’équipement. Est-ce que cela fut compliqué à mettre en œuvre ?
V.S.- Le poids de l’équipement a nécessité la mise en œuvre d’ouvrages spécifiques. Une fondation profonde, 10 micropieux de 21 mètres de profondeur ainsi que des « semelles » en béton armé pour soutenir une fosse de 1 mètre de profondeur. C’est dans cette fosse en béton que le ZAP-X® a été installé. Or, dans cette salle, il y avait une voûte très ancienne que nous avons découpé et étayé progressivement pour permettre l’installation de la machine.
Piliers pour soutenir l’équipement de radiochirurgie tout en préservant la voûte historique à Lariboisière.
La machine est arrivée en « kit » de 4 blocs de 6,5T : comment les avez-vous déplacés et installés?
V.S.- Nous avons fait appel à une grue mobile. Ce qui était impressionnant, c’était les cousins d’air qui permettaient de surélever les blocs de la machine pour les faire glisser plus facilement à l’intérieur de la salle. Le plus dur a été de positionner les blocs au centimètre près !
Insertion d’un des blocs du Zap-X à l’hôpital Lariboisière.
Ce chantier s’est déroulé tout en préservant les activités médicales, dans le respect de la sécurité des patients et du personnel. Comment avez-vous fait au quotidien pour respecter cette contrainte ?
V.S.- effectivement, le bâtiment où nous installions le ZAP-X® est resté en activité. Nous avons beaucoup échangé en amont et pendant les travaux avec les équipes médicales et paramédicales pour adapter la méthodologie d’intervention aux contraintes. Nous avons mis en place un journal de bord afin d’informer les usagers de la progression du chantier et les possibles interférences (coupures d’eau, travaux de nuit, bruits, etc…).
Avez-vous une anecdote à raconter sur le chantier ?
V.S.- Le bâtiment qui accueille le ZAP-X® est aussi celui du service des urgences céphalées. Ce fut un vrai défi de réduire les nuisances sonores pendant le chantier !
Quel sentiment émerge d’avoir participé à un tel chantier ?
V.S.- En tant qu’ingénieur travaux, je suis ravi d’avoir participé à un projet hospitalier aussi unique. Ce projet a été particulièrement enrichissant en raison de ses spécificités médicales, architecturales et techniques.
Le saviez-vous ?
Plus de dix corps de métiers ont été mobilisés sur le chantier de l’installation du ZAP-X® : architectes, ingénieurs, maçons, électriciens, façadiers spécialistes des monuments historiques, plombier, chauffagistes-climaticiens, menuisiers, peintres, mécaniciens, logisticiens.



